samedi 1 août 2026
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Pikine Nord – Conflit administratif : la mairie dénonce une décision illégale

Le maire de Pikine Nord a tenu une conférence de presse pour alerter l’opinion publique sur une situation qu’il juge préoccupante pour la gestion de la collectivité. Au cœur de cette affaire : un litige opposant la commune au cabinet CGES, ainsi qu’un différend administratif avec l’autorité de tutelle, représentée par la sous-préfète de l’arrondissement de Dagoudane-Pikine, Ndeye Mossane Ndour.

Le maire a précisé que le contrat à l’origine du litige n’a pas été signé par l’actuelle équipe municipale, mais par l’ancienne administration dirigée par Momar Fall. Cet accord portait notamment sur la création d’un site internet communal, la formation des agents et la maintenance de la plateforme. À son arrivée en 2014, l’édile affirme avoir refusé de procéder au paiement des prestations réclamées sans vérifications préalables. Des contrôles administratifs et techniques ont alors mis en évidence plusieurs irrégularités présumées : absence de preuves de formation, défaut d’attestations, contestations d’agents municipaux et interrogations sur la conformité des prestations fournies. Face à ces éléments, la commune a engagé un audit informatique et prépare actuellement une procédure judiciaire afin de faire trancher le différend par les juridictions compétentes.

Parallèlement, un second volet du dossier concerne l’inscription budgétaire d’une somme de 111 millions de francs CFA, liée à ce contentieux. Bien que le jugement de première instance rendu par le Tribunal de Grande Instance de Pikine-Guédiawaye ait été frappé d’appel, la commune considère que cette créance ne présente pas un caractère définitif.

Malgré cette position, la sous-préfète a demandé son inscription au budget communal. La municipalité s’y est opposée, invoquant des arguments juridiques fondés sur le Code général des collectivités territoriales. Adopté en décembre 2025, le budget primitif 2026 a fait l’objet d’un arrêté de règlement pris le 9 mars 2026, au-delà du délai légal d’un mois prévu pour le contrôle de tutelle, selon la commune. Cet arrêté a intégré d’office la somme contestée, entraînant une réduction de plusieurs crédits budgétaires. La municipalité estime que cette décision viole les règles en vigueur et affecte des postes sensibles, notamment le fonctionnement, les investissements et certaines dépenses à régime spécifique.

Face à cette situation, le Conseil municipal a autorisé à l’unanimité le maire à saisir la Chambre administrative de la Cour suprême du Sénégal. Deux recours ont été introduits : un recours en annulation de l’arrêté et un référé pour suspendre son exécution. Par ordonnance n°16/2026, la juridiction a donné raison à la commune en suspendant l’exécution de l’arrêté dans l’attente d’un jugement au fond.

Malgré cette décision, des blocages persistent selon la municipalité, notamment dans le traitement de certaines délibérations budgétaires. Ces difficultés pourraient affecter plusieurs actions locales essentielles :subventions aux associations sportives (ASC) et aux Navétanes, soutien aux acteurs culturels, appui aux Badiénou Gokh, aux imams et chefs de quartier, accompagnement des événements religieux comme le Magal ou le Safar, projets de santé, d’éducation et d’infrastructures, dont la reconstruction du poste de santé Birama Scellé Ndiaye.

Le maire a réaffirmé son attachement au respect des procédures légales et sa confiance en la justice sénégalaise. Il assure que la commune poursuivra exclusivement les voies de droit pour défendre ses intérêts financiers et garantir la transparence dans la gestion publique.

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