Lors de sa conférence de presse de ce mardi 11 août à Yeumbeul, Oumar Sow a choisi les formules fortes. De son passage en prison à son regard sur le pouvoir actuel, l’homme politique dit ne rien renier de ses critiques contre le Pastef, tout en affirmant avoir pardonné à Ousmane Sonko et Bassirou Diomaye Faye.
« Je remercie Sonko et Diomaye de m’avoir envoyé en prison. Cela m’a permis d’être plus mûr, plus mature et plus objectif. Je leur pardonne. » La formule résume le ton adopté par Oumar Sow face à la presse : offensif sur le terrain politique, mais déterminé à présenter son incarcération comme une expérience qui l’aurait transformé. Le responsable politique n’en abandonne pas pour autant ses critiques. Interpellant directement le président Bassirou Diomaye Faye sur les prochaines échéances électorales, il lance : « Na diapeu élection yi ci ni mu gëna gaawé… comme neena ñu maires yépp ñu ngi ci moom, kon lu muy ragal ? » Une manière de mettre au défi le chef de l’État d’aller rapidement aux élections, puisqu’il affirme disposer du soutien des maires.
« La politique n’est pas un métier »
Devant ses militants de Wa Kiray, Oumar Sow a également voulu donner une dimension plus large à son discours : « La politique n’est pas un métier. » Une formule destinée à marquer sa conception de l’engagement politique, qu’il entend dissocier d’une carrière professionnelle. Sur le Pastef, en revanche, pas question de réécrire le passé. « Li ma mëss a wax ci Pastef, je l’assume », martèle-t-il, revendiquant ainsi ses précédentes prises de position contre le parti d’Ousmane Sonko. Oumar Sow reconnaît toutefois le nouveau rapport de force issu des urnes : « Ce mandat est le mandat de Pastef. » Et en tire une conséquence pour son propre camp : « AND reste dans l’opposition. » Le positionnement se veut donc sans ambiguïté : pardonner aux hommes sans renoncer au combat politique. Oumar Sow tourne la page de la prison, mais certainement pas celle de l’opposition.





