L’affaire Astou Pierre connaît un tournant judiciaire. Alioune Badara Gaye, âgé de 39 ans et ancien compagnon de la victime, a été présenté ce vendredi 6 novembre 2026 au procureur de la République près le tribunal de grande instance hors classe de Dakar. Il est poursuivi pour assassinat et acte de barbarie, après avoir, selon les informations rapportées par Seneweb, reconnu sa responsabilité dans l’agression au cours de son audition par les enquêteurs.
Les policiers du commissariat d’arrondissement de Dieuppeul ont achevé leurs investigations et transmis le dossier au parquet. Le mis en cause, plâtrier domicilié à Derklé, reste désormais à la disposition de la justice, qui devra décider des suites à donner à la procédure, notamment d’une éventuelle ouverture d’information judiciaire.
Le drame remonte au 23 juin 2026. Ce jour-là, Aïssatou Pierre, connue sous le nom d’Astou Pierre, âgée de 43 ans et employée comme caissière au bar-restaurant Le Fourgon, avait été admise en urgence à l’hôpital Fann de Dakar. Elle avait subi de graves brûlures après avoir été aspergée d’acide.
Son état avait nécessité plusieurs interventions médicales. Après son admission aux urgences, elle avait été transférée en réanimation polyvalente, puis prise en charge au service des maladies infectieuses et tropicales. Elle avait ensuite rejoint le service de chirurgie plastique, esthétique et réparatrice pour subir des greffes de peau.
Une amélioration de son état lui avait permis de rentrer chez elle. Mais cette accalmie avait été de courte durée. Le 28 septembre, son état de santé s’était à nouveau détérioré, entraînant une nouvelle admission aux urgences de l’hôpital Fann, suivie d’un transfert en réanimation. Astou Pierre est finalement décédée le 1er octobre 2026, des suites d’une embolie pulmonaire.
Au fil de l’enquête, les soupçons se sont rapidement portés sur son ancien compagnon. D’après les éléments rapportés par Seneweb, Alioune Badara Gaye aurait quitté le Sénégal après l’agression pour se réfugier en Mauritanie. Une demande d’assistance internationale, formulée le 13 octobre 2026, a permis de le localiser et de procéder à son arrestation sur le territoire mauritanien.
Le Bureau central national d’Interpol à Dakar a ensuite coordonné son extradition. Le suspect a été remis aux enquêteurs du commissariat de Dieuppeul le 3 novembre dernier afin d’être entendu sur les circonstances de l’agression.
Placé en garde à vue dans le cadre d’une procédure prolongée de 96 heures, Alioune Badara Gaye aurait reconnu les faits, selon des sources citées par Seneweb. Au cours de son interrogatoire, il aurait notamment évoqué un différend lié à la grossesse de la victime. Celle-ci, qui attendait un enfant de lui, aurait décidé d’interrompre sa grossesse malgré son opposition, d’après les déclarations qui lui sont attribuées.
Le mis en cause aurait également fait état de tensions autour des fréquentations de son ancienne compagne, notamment ses passages réguliers dans un établissement appelé La Rose, qu’il lui reprochait de fréquenter malgré ses avertissements.






