Un nouvel épisode vient raviver les tensions entre pouvoir judiciaire et représentation nationale au Sénégal. Le député et parlementaire communautaire Guy Marius Sagna a décidé de ne pas répondre à une convocation de la Section de Recherches de la gendarmerie, ouvrant un débat sensible sur les contours de l’immunité parlementaire.
Plutôt que de se présenter à l’audition prévue, l’élu a transmis un argumentaire juridique détaillé aux enquêteurs. Au cœur de sa démarche : une lecture stricte de la Constitution sénégalaise, qui encadre les conditions dans lesquelles un député peut être inquiété par la justice.
Selon lui, les dispositions constitutionnelles protègent les parlementaires contre toute forme de poursuite liée à l’exercice de leurs fonctions. Dans cette logique, il considère que même une convocation pour audition entre dans le champ des mesures incompatibles avec son statut, en l’absence d’une procédure préalable de levée d’immunité.
Cette position s’appuie sur une interprétation extensive de la notion de « poursuite », incluant les actes d’enquête. Une lecture qui n’est pas unanimement partagée et qui place les autorités judiciaires face à une zone grise du droit.
Le député insiste sur le fait que sa décision ne constitue pas un refus de coopérer avec la justice, mais une volonté de préserver l’équilibre institutionnel. À ses yeux, engager une procédure sans respecter les garanties constitutionnelles reviendrait à fragiliser l’État de droit.





