Le 1er vice-président de l’Assemblée nationale du Sénégal, El Malick Ndiaye, a défendu ce lundi la proposition de révision constitutionnelle en cours d’examen, invitant les députés à dépasser les clivages politiques pour privilégier une analyse objective du texte.
Face à une plénière marquée par de vives tensions, il a insisté sur la nécessité d’un débat « serein » et « exclusivement fondé sur le contenu », rejetant les interprétations motivées par des intérêts partisans.
Le responsable parlementaire a rappelé que la révision constitutionnelle par voie parlementaire s’inscrit dans une tradition institutionnelle bien établie au Sénégal. Depuis l’indépendance, a-t-il souligné, la majorité des modifications constitutionnelles ont été adoptées par l’Assemblée nationale, à l’exception notable des Constitutions de 1963 et 2001 ainsi que des révisions de 1970 et 2016.
Selon lui, le projet actuellement débattu ne relève pas d’une initiative conjoncturelle. Il s’inscrit dans une continuité politique portée de longue date par Pastef, et s’appuie sur plusieurs cadres de concertation nationale, notamment les Assises nationales, la Commission nationale de réforme des institutions, les Assises de la justice et le Dialogue national.
Le texte, a-t-il précisé, a également bénéficié des observations du Conseil constitutionnel ainsi que des contributions issues tant de la majorité que de l’opposition, ce qui, selon lui, renforce sa légitimité.
Sur le fond, El Malick Ndiaye a rejeté toute lecture personnalisée de la réforme. Il a rappelé qu’une Constitution est, par essence, « générale, abstraite et impersonnelle », et ne saurait être conçue pour servir des intérêts individuels.
Il a par ailleurs assuré que le projet ne remet pas en cause les libertés publiques ni les fondements démocratiques. Au contraire, il vise, selon lui, à renforcer la transparence via la déclaration de patrimoine, à consolider les pouvoirs de contrôle du Parlement, à moderniser la justice constitutionnelle et à améliorer l’équilibre entre les institutions.
Le député a également tenu à relativiser les critiques évoquant une crise institutionnelle, affirmant que les institutions fonctionnent normalement : « le gouvernement gouverne et l’Assemblée légifère et contrôle ».
Enfin, il a rappelé les deux options prévues par la Constitution après l’adoption du texte : soit une promulgation directe en cas de majorité qualifiée des trois cinquièmes, soit un recours au référendum, permettant au peuple de se prononcer sans modification préalable du texte adopté.






