vendredi 2 octobre 2026
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Pause des pluies à Linguère : Les agriculteurs face à de nouvelles inquiétudes

La longue interruption des pluies dans le département de Linguère commence à susciter des inquiétudes chez les producteurs. Dans la zone couverte par la Direction de la Protection des Végétaux de Dahra, qui dispose de 38 postes pluviométriques, l’absence de précipitations se prolonge depuis près d’un mois, alors que les cultures issues de différentes vagues de semis évoluent à des rythmes très variables.

Cette situation intervient dans un hivernage 2026 marqué par une pluviométrie globalement déficitaire dans plusieurs régions du Sénégal. Les prévisions de l’ANACIM avaient annoncé un début de saison relativement normal dans l’Est et le Sud-Est, tandis que les autres zones devaient connaître un démarrage normal à tardif, avec la possibilité de longues pauses susceptibles de perturber les opérations de semis.

À Linguère, les conséquences de ces décalages sont déjà visibles dans les parcelles. Le niébé semé lors de la première vague arrive au stade de récolte en vert, tandis que les plants issus de la deuxième vague sont en floraison et commencent à former leurs gousses. Pour l’arachide, les cultures de la première vague ont atteint le stade de formation des gousses, alors que celles de la deuxième vague sont encore en phase de gynophorisation.

Le mil présente également des niveaux de maturité différents. Les parcelles semées lors de la première vague sont arrivées à maturité et peuvent être récoltées, tandis que celles de la deuxième vague poursuivent leur maturation.

Yakhya Sy, chef de la Base de Surveillance et d’Alerte Phytosanitaire de Dahra, alerte sur les conséquences possibles de cette pause pluviométrique. Certaines cultures souffrent déjà du déficit hydrique, notamment dans le secteur de Dahra. Une absence prolongée de pluie pourrait notamment affecter les rendements de l’arachide.

Les cultures issues des secondes vagues de semis sont également exposées. Le niébé, le mil, l’arachide et le maïs pourraient subir des pertes si les précipitations ne reprennent pas rapidement, alors que leur développement nécessite encore un apport hydrique suffisant.

La situation est également suivie dans la région de Tambacounda, où les producteurs sont confrontés aux mêmes préoccupations liées aux pauses pluviométriques. Après une tournée effectuée dans la région le 18 septembre, le ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage, Cheikhou Oumar Bâ, avait notamment misé sur le développement du niébé et de la pastèque.

Sur le plan phytosanitaire, la situation demeure pour l’instant relativement calme. Une attaque de sautériaux a toutefois été signalée dans la commune de Gassane. Des équipes ont été déployées sur place afin de lutter contre ces ravageurs et limiter leur propagation.

Aliou Sow, chef du service départemental du développement rural de Linguère, confirme par ailleurs les différences de développement observées entre les cultures selon les périodes de semis.

Le contraste météorologique reste particulièrement marqué dans la zone. Yakhya Sy rappelle que de très fortes précipitations avaient été enregistrées le 28 août. Depuis cet épisode, la longue période sèche a accentué les inquiétudes des producteurs.

Avec des parcelles semées à des dates différentes et donc à des stades de développement parfois très éloignés, une nouvelle reprise des pluies dans les prochains jours apparaît désormais déterminante pour préserver le potentiel de production de la campagne agricole 2026.

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