Le contentieux financier entre l’État du Sénégal et la Fédération sénégalaise de football s’intensifie. Le ministère de la Jeunesse et des Sports a officiellement signifié son refus de prendre en charge les indemnités de licenciement de l’ancien sélectionneur des Lions, Pape Thiaw. Une décision qui place désormais la fédération face à ses seules responsabilités financières.
Limogé le 11 juillet 2026, Pape Thiaw a été sanctionné après le parcours décevant du Sénégal lors de la Coupe du monde de football 2026, marqué par trois défaites et une élimination dès les seizièmes de finale. Pour justifier cette rupture, la FSF avait évoqué une perte de confiance au sein du groupe, des insuffisances dans l’approche tactique ainsi que des tensions liées à des revendications salariales.
Le montant exact de la compensation n’a pas été officialisé, mais plusieurs sources évoquent une enveloppe de 240 millions de francs CFA, correspondant à environ huit mois de salaire. Ce montant découle du contrat signé le 22 juin 2026, à la veille d’un match face à la Norvège.
Cet engagement, conclu pour trois ans, prévoyait un salaire mensuel de 30 millions de francs CFA, une prime de signature de 120 millions ainsi qu’un bonus équivalant à 1 % des primes versées par la FIFA.
L’État sénégalais, en tant que tiers-payeur, conteste toutefois la validité de ce contrat. La ministre des Sports, Djireye Clotilde Coly, estime que ce renouvellement n’a pas reçu l’approbation préalable des autorités compétentes, condition jugée indispensable pour engager des fonds publics.
Cette position a été formellement notifiée à la FSF, qui se retrouve désormais seule à devoir assumer les conséquences financières de cette décision.
Ce bras de fer n’est pas inédit dans l’histoire du football sénégalais. Une situation comparable s’était produite en 2004 sous l’autorité du ministre Youssoupha Ndiaye, déjà marquée par des divergences sur la prise en charge financière des engagements de la fédération.





