Bassirou Diomaye Faye s’apprête à donner une nouvelle dimension à sa diplomatie avec une tournée qui le mènera à Washington, aux États-Unis, puis à Abou Dhabi, aux Émirats arabes unis. Ce déplacement, présenté comme son premier grand voyage officiel en dehors du continent africain, intervient après plusieurs semaines d’incertitudes autour de son agenda international.
Le choix de Washington et d’Abou Dhabi traduit également la volonté du chef de l’État de diversifier les partenariats du Sénégal. Contrairement à ses prédécesseurs, qui avaient largement privilégié Paris comme principal point d’appui diplomatique, le président entend mettre l’accent sur de nouveaux pôles économiques et financiers.
Aux États-Unis, Bassirou Diomaye Faye devrait rencontrer des responsables de l’administration américaine ainsi que des représentants du secteur privé. Plusieurs rendez-vous économiques sont également annoncés, avec l’ambition de présenter les secteurs considérés comme prioritaires dans la stratégie présidentielle.
L’énergie, l’agriculture, la transformation locale et les infrastructures numériques devraient notamment être au cœur des échanges. À travers cette offensive économique, Dakar souhaite convaincre des investisseurs internationaux en mettant en avant ses atouts, notamment sa stabilité institutionnelle, sa position géographique et son potentiel d’accès au marché régional.
La délégation sénégalaise devrait ainsi défendre une nouvelle approche des relations économiques, résumée par l’idée d’un Sénégal « ouvert aux affaires, mais sur de nouvelles bases ». Le gouvernement entend promouvoir des partenariats présentés comme mutuellement bénéfiques, tout en évitant une relation fondée essentiellement sur la recherche d’un appui financier extérieur.
La diaspora sénégalaise devrait également occuper une place dans cette étape américaine. La présidence entend profiter de la tournée pour porter certains messages à la communauté sénégalaise établie aux États-Unis, avec la volonté d’associer diplomatie économique et mobilisation de la diaspora.
À Abou Dhabi, l’accent devrait davantage être mis sur les infrastructures et les mécanismes de financement. Les énergies renouvelables et les transports figurent parmi les secteurs susceptibles d’intéresser les investisseurs et fonds souverains émiratis.
Cette étape émiratie s’inscrit dans la volonté affichée par le pouvoir sénégalais de diversifier ses partenaires et de réduire progressivement sa dépendance à l’égard des bailleurs traditionnels. Pour Dakar, l’enjeu ne serait donc pas seulement de multiplier les contacts, mais surtout d’obtenir des engagements concrets, notamment sous la forme d’investissements et d’accords susceptibles d’être rapidement opérationnels.
Cette orientation correspond à la doctrine diplomatique défendue par Bassirou Diomaye Faye depuis son arrivée au pouvoir. Lors de la 7e Conférence des ambassadeurs et consuls généraux, organisée du 17 au 19 avril 2026 au Centre international de conférences Abdou Diouf, le président avait appelé à passer d’une « diplomatie de présence » à une « diplomatie de souveraineté ».
La tournée Washington-Abou Dhabi apparaît ainsi comme un test grandeur nature pour cette nouvelle approche. Au-delà de la portée symbolique du déplacement, les autorités sénégalaises seront particulièrement attendues sur les résultats économiques : investissements annoncés, accords signés et perspectives concrètes pour les secteurs prioritaires du pays.





