vendredi 21 août 2026
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Hausse du carburant : Birame Souleye Diop clarifie et dévoile les pistes du gouvernement

La question du prix du carburant revient au centre du débat économique au Sénégal. Birame Souleye Diop, ancien ministre de l’Énergie, du Pétrole et des Mines, a apporté des précisions sur l’hypothèse d’une éventuelle hausse, en soulignant qu’un tel scénario ne serait envisagé qu’en dernier recours.

Selon l’ancien responsable, un réajustement des prix à la pompe pourrait devenir nécessaire si les différentes mesures destinées à réduire la pression sur les finances publiques ne permettent pas de contenir le coût des subventions. « Nous serions contraints de réajuster les prix », a-t-il expliqué, en insistant sur le caractère conditionnel de cette perspective. Cette mise au point intervient alors que de précédentes déclarations avaient suscité des inquiétudes chez les consommateurs. Birame Souleye Diop affirme que les réflexions engagées par les autorités reposent notamment sur une étude réalisée à la demande du président de la République et du Premier ministre. Les conclusions, reçues le 19 mai, ont mis en évidence le poids important de la fiscalité appliquée aux produits pétroliers.

L’ancien ministre évoque une fiscalité pouvant atteindre 52 % sur certains produits et 27 % sur d’autres, pour une moyenne estimée à environ 41 % sur les hydrocarbures. Face à cette situation, Ousmane Sonko, alors Premier ministre, avait demandé aux services compétents d’étudier plusieurs pistes permettant de réduire cette pression fiscale. Trois scénarios, correspondant à des niveaux de taxation de 15 %, 20 % et 25 %, ont ainsi été examinés par une équipe regroupant notamment des représentants de la Douane, du Trésor, des Impôts et Domaines, du ministère concerné ainsi que du Comité de régulation du secteur de l’énergie.

L’objectif était de parvenir progressivement à une diminution des subventions publiques tout en rapprochant les prix pratiqués à la pompe de leur coût réel. Dans l’hypothèse d’une fiscalité ramenée à 25 %, le prix du supercarburant aurait notamment pu être fixé à 925 francs CFA le litre, contre 990 francs CFA dans la configuration évoquée par l’ancien ministre. Le projet étudié ne reposait toutefois pas uniquement sur une modification de la fiscalité. Il prévoyait également la suppression du PSEC, une réduction de moitié du COSEC ainsi qu’une rationalisation des prélèvements parafiscaux appliqués au secteur.

Dans le même temps, les autorités envisageaient de revoir le mécanisme des subventions. Plutôt qu’un soutien généralisé bénéficiant à l’ensemble des consommateurs, l’option étudiée consistait à orienter progressivement les aides vers les secteurs considérés comme les plus exposés aux variations du prix des hydrocarbures. Le transport de marchandises, les transports collectifs, le secteur du BTP et les taxis figuraient ainsi parmi les activités susceptibles de bénéficier d’un dispositif ciblé. Pour Birame Souleye Diop, le système actuel présente l’inconvénient de financer indistinctement des consommateurs qui ne seraient pas nécessairement concernés par un besoin de soutien.

La réforme envisagée devait également s’accompagner d’un dispositif de contrôle renforcé, d’évolutions législatives et d’une digitalisation des mécanismes de transfert. L’enjeu, selon l’ancien ministre, serait de mieux maîtriser les dépenses publiques tout en protégeant les secteurs essentiels à l’activité économique. Derrière la polémique sur le prix du carburant se joue donc une problématique plus large : celle de la soutenabilité des subventions et de l’équilibre des finances publiques. Les autorités cherchent à réduire progressivement le poids de ces dépenses sans provoquer un choc trop important pour les ménages et les secteurs productifs.

Pour Birame Souleye Diop, la réforme doit notamment permettre de préserver les ressources du Compte unique du Trésor, d’améliorer la transparence des mécanismes de soutien et de renforcer la compétitivité de l’économie sénégalaise. Une équation délicate qui pourrait, si les alternatives étudiées ne produisent pas les résultats attendus, remettre la question du prix à la pompe au cœur des décisions économiques.

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