samedi 13 juin 2026
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Crise interne à Pastef : Aldiouma Sow prend position contre Ousmane Sonko

Les lignes de fracture se précisent au sein de Pastef-Les Patriotes. Dans une déclaration relayée par EMedia, Aldiouma Sow, membre du Bureau politique national, affiche un soutien clair au président Bassirou Diomaye Faye tout en pointant ce qu’il qualifie de « dérive messianique » d’une partie du parti.

Pour lui, le choix du dialogue politique par le chef de l’État relève d’une démarche de gouvernance assumée. Il souligne que ce dernier a participé volontairement aux concertations nationales, sans y être contraint par un quelconque impératif institutionnel, illustrant selon lui une volonté d’ouverture et de consolidation démocratique.

Aldiouma Sow réfute par ailleurs les rumeurs évoquant un supposé accord secret que Bassirou Diomaye Faye aurait conclu lors de sa détention au Cap Manuel. Il affirme qu’aucun pacte n’a existé, insistant sur le fait que le président reste exclusivement engagé par son programme et son serment devant le peuple sénégalais. À l’inverse, il accuse certains acteurs internes d’avoir tenté d’imposer une logique de succession anticipée autour d’une figure présentée comme un « messie ».

Cette sortie intervient dans un contexte de tensions croissantes au sein du parti. Le 19 mai 2026, Waly Diouf Bodiang mettait en cause la loyauté d’Aldiouma Sow envers Ousmane Sonko. Quelques jours plus tôt, le 5 mai, Abdourahmane Diouf critiquait les propos de Ousmane Sonko se présentant comme « guide de la Révolution », tout en saluant l’option du dialogue républicain défendue par le chef de l’État.

Aldiouma Sow revient également sur les investitures des élections de 2022, dénonçant la marginalisation de figures historiques, de jeunes militants et de femmes au profit d’alliés circonstanciels. Il alerte sur le risque de reproduction de ces pratiques lors des prochaines échéances électorales, ce qui pourrait fragiliser durablement la base militante.

Après l’accession de Pastef au pouvoir en mars 2024, il évoque une tentative de déviation du « Projet », qu’il associe à une instrumentalisation de la victimisation, de la mémoire des martyrs et de la reddition des comptes. Selon lui, Bassirou Diomaye Faye a, à plusieurs reprises, mis en garde les instances du parti contre une évolution « anti-républicaine » et « messianique ».

Enfin, il assume pleinement son positionnement, y compris au risque de sanctions internes, et défend les responsables ayant répondu à l’appel du président. Il rappelle notamment que, lors des investitures législatives de novembre 2024, le chef de l’État avait insisté sur la ضرورة de mieux prendre en compte la légitimité des responsables locaux, notamment dans les départements de Pikine et Keur Massar.

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