L’instance cible le président de la Fédération royale espagnole de football, qui a embrassé de force la joueuse espagnole après la finale du Mondial.
Près d’une semaine après la victoire de l’Espagne en finale de la Coupe du monde féminine de football, la polémique autour du geste de Luis Rubiales continue de prendre de l’ampleur. Lors de la remise des médailles, le président de la Fédération royale espagnole de football (RFEF) avait imposé un baiser à la joueuse Jenni Hermoso. Jeudi 24 août, la Fédération internationale de football association (FIFA) a ouvert une procédure disciplinaire à son encontre.
« Ces faits pourraient constituer une violation des alinéas 1 et 2 de l’article 13 du code disciplinaire de la FIFA », précise l’instance mondiale. Consacré à la « discrimination », le texte auquel la FIFA se réfère punit notamment le fait de « porter atteinte à la dignité ou l’intégrité » d’une personne « en raison de son sexe » par une suspension « courant sur au moins dix matchs, ou de toute autre mesure disciplinaire appropriée ».
« La FIFA réitère son engagement absolu pour le respect de l’intégrité de toutes et tous, et condamne donc fermement tout comportement allant à l’encontre de cette valeur », ajoute le communiqué de l’instance, qui était restée silencieuse jusque-là sur cette affaire. Elle n’a pas donné de calendrier pour sa prise de décision.
Une assemblée générale extraordinaire vendredi
Quelle que soit la décision prise par la fédération internationale, elle n’aura peut-être pas à trancher sur le maintien en fonction de Luis Rubiales, arrivé à la tête de la fédération en 2018. Une assemblée générale extraordinaire de la RFEF a en effet été convoquée vendredi pour aborder ce sujet. De son côté, la Ligue professionnelle féminine de football a d’ores et déjà réclamé la mise à pied du président de la fédération espagnole.
Après avoir été massivement relayée sur les réseaux sociaux, la vidéo de la remise des médailles a provoqué une vague de réactions. Mardi, le premier ministre espagnol, Pedro Sanchez, avait ainsi qualifié ce baiser forcé d’« inacceptable », jugeant que « les excuses [de Luis Rubiales] sont insuffisantes ». La veille, Luis Rubiales avait expliqué sur X (anciennement Twitter) que son geste était « sans mauvaise intention dans un moment d’euphorie. Ici, on l’a vécu comme quelque chose de naturel, mais dehors, une agitation s’est formée. »
S’il s’est justifié en mettant en avant « sa magnifique relation » avec Jenni Hermoso, la joueuse a donné une version différente. Mercredi, elle a réclamé des « mesures exemplaires » à l’encontre de son président, par l’intermédiaire d’un communiqué diffusé sur les réseaux sociaux par le syndicat Futpro, pour « veiller sur les droits des joueuses ».
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