samedi 28 mars 2026
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« Un braquage administratif le plus grossier de l’histoire » : Le Sénégal engage l’épreuve de force contre la CAF

La crise entre le Sénégal et la Confédération africaine de football (CAF) franchit un cap décisif. Après la décision controversée liée à la finale de la Coupe d’Afrique des nations 2025, la Fédération sénégalaise de football a saisi le Tribunal Arbitral du Sport (TAS), ouvrant un affrontement juridique aux enjeux majeurs. Le ton a été donné par le président de la FSF, Abdoulaye Fall, lors de la conférence de presse tenue ce jeudi 26 mars 2026 à Paris, en présence de l’ensemble du pool d’avocats. Il a dénoncé sans détour : « Un braquage administratif le plus grossier de l’histoire »


Autour de lui, un collectif juridique de haut niveau composé notamment de : Aly Fall, Bâtonnier ; Seydou Diagne ; Moussa Sané ; Juan de Dios Crespo Pérez, spécialiste du droit du sport ; Serge Witzo ; Pierre-Olivier Sur, ancien Bâtonnier de Paris. Une mobilisation juridique internationale qui donne la mesure de l’enjeu. Sur le plan stratégique, la défense sénégalaise adopte une ligne offensive. Le collectif, coordonné par Maître Seydou Diagne, ne se limite pas à contester la décision : une plainte pour corruption est annoncée, ouvrant la voie à une possible extension du dossier au-delà du strict cadre sportif.


Mais c’est aussi la procédure qui est aujourd’hui vivement critiquée. Près de dix jours après la délibération, la CAF n’a toujours pas notifié les motifs de sa décision, pourtant requis par ses propres règlements. Un retard qui empêche la défense de finaliser son mémoire devant le TAS et qui alimente les soupçons. Les avocats sénégalais vont plus loin, mettant en garde contre toute tentative de modification a posteriori : « Ce serait faire un faux et usage de faux ». Ils refusent catégoriquement toute altération du dispositif initial, notamment l’ajout de nouveaux points après la décision rendue.


Sur le fond, la décision de la CAF apparaît tout aussi contestée. Elle valide une victoire du Maroc sur tapis vert, tout en refusant d’en tirer les conséquences sportives et financières. Une position jugée incohérente, voire juridiquement fragile. Plus troublant encore, selon la défense sénégalaise, les versions française et anglaise du texte en leur possession ne mentionnent ni restitution du trophée, ni proclamation officielle du Maroc comme champion d’Afrique. Au-delà du cas sénégalais, l’affaire soulève une question centrale : celle de la sécurité juridique des compétitions africaines. Si un résultat peut être modifié après coup, sans cohérence ni transparence, c’est l’ensemble du système qui est fragilisé.
Désormais, le match se joue hors du terrain. Ce sont les juristes qui prennent le relais, et le verdict final appartiendra au Tribunal Arbitral du Sport. Dans ce bras de fer inédit, une certitude s’impose : le dossier dépasse le football. Il engage l’image, les règles et l’avenir du sport africain.

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