mercredi 18 février 2026
spot_imgspot_img

Top 5 de la semaine

Articles similaires

Santé environnementale : 290 millions FCFA pour Hann et Dalifort face aux polluants persistants

Le ministre de l’Environnement et de la Transition écologique, Abdourahmane Diouf, s’est rendu mardi dans la banlieue dakaroise pour réceptionner des infrastructures et équipements destinés à deux communes sous forte pression environnementale : Hann/Bel-Air et Dalifort-Foirail.

Cette intervention s’inscrit dans le cadre du Projet de Gestion de la Santé Environnementale et de la Pollution en Afrique (PGSENPA), financé en partenariat avec la Banque mondiale. Une enveloppe de 290 millions de francs CFA a été mobilisée pour renforcer les capacités locales en matière de lutte contre la pollution.

Selon Sud Quotidien, le financement s’est concrétisé par la remise de conteneurs, d’équipements de nettoiement, de motos et de matériel informatique au profit des Réseaux des Acteurs Locaux pour la Santé Environnementale (RALSEN). Trois places publiques réaménagées ont également été inaugurées. La représentante de la Banque mondiale, Arame Tall, a souligné que cet appui vise à renforcer la résilience territoriale face aux polluants.

Au-delà de la dotation matérielle, le ministre a mis l’accent sur un risque sanitaire précis : les Polluants Organiques Persistants non intentionnels (POPNi). Ces substances toxiques, générées notamment par les brûlages à l’air libre et certaines activités industrielles, se distinguent par leur capacité d’accumulation dans les tissus adipeux.

Selon Abdourahmane Diouf, cette bioaccumulation ouvre la voie à une transmission intergénérationnelle : passage du polluant de la mère au fœtus durant la grossesse, puis au nourrisson pendant l’allaitement. Les risques cliniques évoqués incluent cancers, troubles neurologiques et malformations congénitales.

Il ne s’agit donc pas uniquement d’un enjeu esthétique ou urbain, mais d’un problème de santé publique à effet différé, dont l’impact peut se manifester plusieurs années après l’exposition initiale.

L’exécutif mise sur une approche décentralisée. En dotant les acteurs communautaires de Hann et Dalifort d’outils opérationnels, l’objectif est de réduire les dépôts sauvages et les pratiques de brûlage qui alimentent la production de POPNi.

Cette stratégie traduit un changement méthodologique : passer d’interventions ponctuelles pilotées par l’administration centrale à une gestion territorialisée, reposant sur des réseaux locaux structurés et outillés.

Dans un contexte urbain où la pression démographique et industrielle accentue les risques sanitaires, l’équation est claire : prévention environnementale et protection de la santé publique sont désormais indissociables.

spot_imgspot_img

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Articles Populaires