lundi 16 février 2026
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Lilianne Maroun, l’élégance du contrechamp

On l’aperçoit parfois dans l’arrière-plan d’un clip, silhouette nette dans la lumière d’un plateau, ou dans le cadre serré d’une série sénégalaise. Lilianne Maroun avance par touches – mannequin, présentatrice, actrice, productrice de contenus. Elle s’est, en quelque temps, construite une présence à telle enseigne que son nom circule même dans plusieurs cercles people du monde.

D’origine sénégalaise, libanaise et mauritanienne, diplômée d’un master en langues étrangères appliquées, Lilianne Maroun a une double trajectoire : entre culture académique et exposition médiatique, elle s’est fait connaître en interprétant Aïssatou dans la série Cœurs Brisés, production d’Evenprod. Elle a aussi une certaine visibilité en ligne. Sa notoriété a pris un autre relief lorsqu’elle apparaît dans la trilogie de clips de Dadju. Le public s’empresse alors de brouiller fiction et réalité – internet adore les raccourcis – lui prêtant des romances imaginaires. Elle en rit aujourd’hui, évoquant une expérience « humaine avant tout ». Derrière les images scénarisées, elle rappelle l’essentiel : l’industrie fabrique des rôles, pas des vies.

En dehors des caméras, elle poursuit ses études et imagine son avenir ailleurs : communication internationale, journalisme, interprétariat – un horizon professionnel que son bagage linguistique rend crédible. Le mannequinat, dit-elle, reste un plaisir, une pratique parallèle plutôt qu’un destin. Quant à la musique, elle en plaisante : « Si seulement… ». Le sérieux de ses ambitions contraste avec la légèreté des projections qu’on plaque sur son image. En effet, être la fille de Dj Eduardo – animateur et acteur bien connu – ajoute une couche au récit. Grandir dans le bruit des studios, les lumières des plateaux et les coulisses de la nuit médiatique, c’est apprendre tôt la visibilité et ses effets. Mais pas que ça : son discours devient plus affirmé lorsqu’elle aborde la question de la représentation des corps noirs dans l’espace public. Face aux injonctions esthétiques – blanchiment de la peau –, elle revendique la beauté du naturel et la dignité du teint. Pour elle, la visibilité croissante des artistes africaines valorisant leurs racines ouvre une brèche. Elle ne manque pas de citer Charlotte Dipanda comme l’incarnation d’une élégance culturelle assumée.

Dans un paysage culturel saturé de visibilité instantanée, Lilianne Maroun préfère la progression patiente, presque discrète. Une manière d’exister dans le champ culturel contemporain : en restant, toujours, du côté du contrechamp – là où se fabrique la trajectoire plus que l’image.

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