La destruction de l’œuvre d’art en mosaïque réalisée par le regretté Papa Ibra Tall à la Place de France de Thiès continue de susciter une vive émotion au sein de l’opinion publique et des milieux culturels. Face à la controverse grandissante, le ministre de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme, Amadou Bâ, a réagi en dépêchant, ce mercredi 7 janvier 2026, une délégation officielle sur les lieux.
Selon un communiqué du ministère, cette mission est composée des services techniques et administratifs compétents du Département. Elle a pour objectif principal de rencontrer les autorités administratives et locales de Thiès, notamment le maire de la ville, le gouverneur de la région, le préfet du département, ainsi que la Direction générale des Manufactures sénégalaises des Arts décoratifs (MSAD). Ces échanges doivent permettre de recueillir l’ensemble des informations relatives aux circonstances exactes ayant conduit à la destruction de cette œuvre emblématique, ainsi que d’en comprendre les motivations profondes.
À travers cette démarche, le ministère entend établir les responsabilités éventuelles, clarifier le cadre décisionnel ayant entouré l’acte et évaluer le respect des procédures en matière de protection du patrimoine artistique et culturel. L’œuvre de Papa Ibra Tall, figure majeure de l’art sénégalais et africain, est en effet considérée comme un élément important du patrimoine visuel et symbolique de la ville de Thiès.
Le déplacement de la délégation ministérielle traduit la volonté des autorités de traiter ce dossier avec sérieux et transparence. Le ministère souligne qu’il s’agit avant tout de comprendre les tenants et aboutissants de cette situation, tout en réaffirmant l’engagement de l’État à faire de la sauvegarde du patrimoine artistique national une priorité constante de l’action publique.
Au-delà du cas spécifique de la Place de France, cette affaire relance le débat sur la protection des œuvres d’art dans l’espace public, leur entretien, leur valorisation et le rôle des collectivités territoriales dans leur préservation. Le gouvernement indique suivre de près l’évolution du dossier, qu’il considère comme un enjeu majeur pour la transmission de l’héritage culturel aux générations futures.






