vendredi 13 février 2026
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À Addis-Abeba, Ousmane Sonko face au grand test continental

C’est acté. C’est verrouillé. C’est presque cinématographique. Le Premier ministre Ousmane Sonko débarque à Addis-Abeba comme on entre dans un colisée : sûr de son aura, lesté de symboles, porté par une rue sénégalaise encore brûlante de colères et d’espérances.

Les 14 et 15 février, il représentera le président Bassirou Diomaye Faye à la 39ᵉ session de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine, dans la capitale éthiopienne, Addis-Abeba.

Un sommet diplomatique, certes. Mais surtout un ring politique continental. Car Sonko ne vient pas faire du tourisme protocolaire. Il vient avec sa réputation de trublion républicain, son verbe brut, et cette image d’homme qui préfère les uppercuts verbaux aux sourires de salon. À Addis, il sera l’attraction principale, la rock star politique que certains redoutent, que d’autres espèrent, et que beaucoup observent comme on scrute un volcan.

Pendant que les chefs d’État récitent leurs communiqués polis, Sonko, lui, arrive avec un pays sur le dos : un Sénégal cabossé, des martyrs encore dans les mémoires, une jeunesse impatiente, et une promesse de rupture qui ne supporte plus les demi-mesures.

Mais le décor serait incomplet sans l’ombre qui rôde dans les couloirs feutrés du sommet.

Car pendant que Sonko parle souveraineté et dignité africaine, l’ancien président Macky Sall ferait, lui, du porte-à-porte diplomatique avec ces lobbies. Lobbying discret, l’homme de la “dette cachée” rêve d’un fauteuil mondial pendant que son pays compte encore ses morts.

Deux styles. Deux mondes. D’un côté, Sonko, incarnation d’une Afrique qui gronde, qui veut rompre avec les combines d’arrière-salle et les carrières recyclées dans les institutions internationales. De l’autre, l’ancien régime, version costume-cravate, qui espère transformer les cicatrices nationales en tremplin personnel.

À Addis-Abeba, Sonko devra jouer serré : défendre la ligne du nouveau pouvoir, rassurer les partenaires, parler au continent tout en esquivant les fantômes du passé qui circulent entre les buffets diplomatiques.

Stratège malgré lui, boxeur malgré le protocole, il avance sur un fil : celui d’un pouvoir fraîchement conquis, observé à la loupe, jugé à la seconde.

Ce sommet n’est pas qu’un rendez-vous africain. C’est un test. Un test pour Sonko.

Un test pour Diomaye. Un test pour cette Afrique qui hésite encore entre rupture réelle et recyclage de vieilles élites.

À Addis, on ne comptera pas seulement les résolutions. On comptera les silences, les regards fuyants… et les ambitions mal dissimulées.

Et pendant que certains rêvent de gratte-ciel onusiens, Sonko, lui, arrive avec une autre obsession : rappeler au continent que le pouvoir ne se négocie pas dans les salons, il se gagne dans la rue, se paie en sueur…

Malick BA

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