Le gouvernement sénégalais engage une réforme d’envergure du dispositif de régulation des médias avec la transformation du Conseil national de Régulation de l’Audiovisuel (CNRA) en Conseil national de Régulation des Médias (CNRM). Cette évolution marque une étape majeure dans l’adaptation du cadre juridique national aux mutations profondes induites par la révolution numérique et l’essor des plateformes digitales.
Présentée comme l’aboutissement de « plusieurs mois de travail acharné », cette réforme a été pilotée par la Direction de la Communication du ministère de la Communication. Elle vise à élargir le champ de la régulation au-delà des médias traditionnels que sont la radio et la télévision, jusque-là encadrés par le CNRA, créé en 2006.
Dans un message publié sur le réseau social X, Habibou Dia, directeur de la Communication, a précisé les nouvelles orientations du futur CNRM. Désormais, l’organe de régulation couvrira l’ensemble de l’écosystème médiatique, incluant les médias en ligne, les plateformes numériques ainsi que les créateurs de contenus et influenceurs qui participent activement à l’espace public de l’information.
« Le CNRM permet d’adapter la régulation à cette nouvelle réalité, en couvrant l’ensemble de la chaîne de valeur de l’information et de la communication », a expliqué Habibou Dia. Il a souligné que cette réforme n’a pas vocation à restreindre les libertés, mais plutôt à instaurer un cadre équilibré conciliant liberté d’expression, responsabilité éditoriale et protection du public.
La question de la responsabilité des créateurs de contenus constitue l’un des axes centraux de cette refonte. Selon le directeur de la Communication, dès lors qu’ils contribuent à la diffusion d’informations et à la formation de l’opinion publique, influenceurs et créateurs de contenus doivent être soumis à des principes de responsabilité comparables à ceux des médias traditionnels, dans le strict respect des libertés fondamentales.
Autre innovation notable : la gouvernance du futur CNRM reposera sur un mécanisme inédit de sélection. Les fonctions de président et de membres du collège seront désormais pourvues à travers un appel public à candidatures. Cette disposition vise à renforcer la transparence, l’ouverture et la participation citoyenne dans la gestion de la régulation des médias.






